Ombres femmes

Le jour où j’ai compris que j’avais ma place dans ce monde

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Ce jour n’a été ni le jour de mes 18 ans où, par la grâce de la loi française, j’étais devenue officiellement adulte et responsable ; ni le jour où je me libérais de l’autorité parentale en m’installant dans mon petit appart’ Parisien humide, mal isolé et donnant sur rue ; ni le jour où je montais sur l’estrade rejoindre mon professeur référent pour recevoir mon diplôme d’ingénieur ; ni le jour où je décrochais mon premier job dans une PME dynamique qui me donna l’impression de se nourrir de mon travail. Non.

J’avais beau, chaque jour, donner un peu de ma personne pour le boulot, les amis, la famille, jamais je n’eu l’impression de trouver ma place et pire je me demandais si le monde avait vraiment une place pour moi. Car qu’est-ce qu’une jeune femme peut apporter à ce monde ? Les plus grands leaders d’aujourd’hui et des siècles précédents avaient toujours été des hommes, non des femmes. Et puis, j’étais jeune. Les grands sages ont toujours appris de chacune des expériences qui ont ponctuées leurs nombreuses années. Et puis, il n’y avait plus rien à révolutionner ni à inventer à moins de faire de longues études spécialisées. La compréhension du corps humain, la physique nucléaire, la biologie, les mathématiques, la robotique… Tout cela avait déjà été révolutionné depuis un moment. Non, j’avais décidément l’impression d’être née à la mauvaise époque.

femme heureuse

Le jour où je compris que ce monde avait réellement besoin de moi fût le jour où je changeais ma vision des choses. Non, je n’avais pas besoin de faire de grandes choses, de révolutionner la mécanique quantique, de construire une fusée pour aller sur mars, de soigner tous les lépreux de la terre, de construire un village pour donner un toit à tous les SDF de France. J’avais juste besoin d’être moi-même, et pleinement moi-même, c’est-à-dire ne plus me laisser dominée par mes peurs et mes croyances, pour comprendre que ce monde m’attendait. Car oui, il me réclamait. En fait, il me réclamait depuis le jour de ma naissance mais j’avais été tellement obnubilé par ce que je considérais comme mes défauts que j’avais raté cette rencontre. “Je vaux moins que lui”, “il est plus doué que moi”, “je suis vraiment nulle par rapport à elle”… Toutes ces pensées m’avaient métamorphosé en mort-vivante : je ne vivais pas ma vie, je la comparais à celle des autres.

Puis, un jour je changeais ma perception de la vie en un claquement de doigt comme si j’étais endormie et qu’enfin mes paupières s’ouvraient, aidant ma conscience à émerger. Je compris alors que j’avais une responsabilité envers moi-même. Au lieu de tourner mon regard vers les autres en leur trouvant des tas de choses plus géniales que moi, je l’ai orienté vers moi-même. Et ce que j’ai vu m’a alors tout de suite plu : j’avais en réalité beaucoup plus de qualités que ce que j’acceptais de voir auparavant. Lorsque j’étais entière, j’étais une belle personne : mes blessures devenaient mes forces, mes défauts de nouvelles qualités et mes peurs se révélaient être le carburant de mon courage. Puis, surtout, personne ne me ressemblait : j’étais unique ! Et cette unicité faisait de ce monde un terrain de jeu dorénavant complet !

Et vous, quand avez-vous pris conscience que vous aviez quelque chose à apporter à ce monde ?





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