Kathrine Switzer

Grandes héroïnes de ce monde #02 : Kathrine Switzer

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Portrait d’une femme agressée pour avoir couru un marathon

Nous sommes en 1967. A Boston, la jeune Kathrine Switzer court parmi tous les autres marathoniens réunis pour cet évènement. Scène très banale a priori. Et pourtant, à cette époque, les médecins du sport avaient décrétés que les femmes n’étaient pas physiquement capables de courir sur de longues distances. Les femmes n’avaient donc pas le droit de courir. Un puriste me répondrait : « Mais si, elles avaient totalement le droit de courir, tant qu’elles ne s’inscrivaient pas à des courses de plus de 800 mètres ! ». Mouais, quelle liberté… En gros, elles avaient le droit de faire de faire deux tours de stades, mais pas plus !

Revenons à nos moutons. Pour pouvoir concourir et comme aucun document officiel ne stipulait pourtant l’exclusion des femmes dans le marathon de Boston, Kathrine eu l’audace de s’y inscrire sous le nom K.V. Switzer. Le pire, c’est que ce n’était même pas dans le but de tromper les organisateurs. Non non, ce pseudo, elle l’utilisait déjà pour signer chaque article de presse qu’elle écrivait à l’université. Elle devient ainsi officiellement la première femme à participer à ce marathon (pourtant créé en 1897, soit dit en passant).

Lors du départ, il neigeait. Alors Kathrine a recouvert sa tête avec la capuche de son sweat. Peut-être est-ce pourquoi personne n’a tenté de l’arrêter au départ ? Pourtant, la malchance l’a rattrapé : au troisième kilomètre, l’organisateur de la course descend du véhicule qui suivait les marathoniens et se rue sur elle. Son objectif : lui retirer son numéro officiel, agrafé sur son sweat. « Tirez-vous de ma course ! » Lui lance-t-il hargneusement. Mais Kathrine n’est pas seule. Son petit ami et son coach sportif, également participants de la course, font barrage entre leur protégée et l’organisateur.

« Ma peur et mon humiliation se sont changés en rage »

Kathrine s’en sortira plus qu’indemne : encore plus déterminée à continuer la course, non seulement elle parvient à terminer le marathon en quatre heures et vingt minutes (pas mal !) mais en plus devient un symbole du changement grâce aux journalistes qui ont photographié la scène ! Ainsi, elle prouve au monde entier qu’une femme est capable de courir 42 kilomètres d’une traite.

Elle annoncera plus tard dans une interview : « Cet épisode m’a à la fois radicalisée et inspirée pour me battre pour les femmes dans le running. Cela a guidé ma vie ! ». Et paf dans ta tête, l’organisateur.

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